Des mots sur les maux du PVT

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J’ai eu envie de reprendre la plume, ou plutôt le clavier d’ordinateur en l’occurrence, pour mettre des mots sur les maux. Les maux du PVT. Un sujet peut-être un peu moins séduisant que les photos de road trip aux lacs bleus infinis ou les découvertes constantes. Pourtant, cet aspect-là des choses est tout aussi important à partager, j’en suis convaincue.

Oui, scoop interplanétaire, quand on est en PVT, tout n’est pas toujours rose. Pas toujours aussi léché, soyeux et velouté que les clichés Instagram qu’on voit défiler (tiens, Instagram and co, j’y reviendrai plus tard).

Je ne vais pas ici me focaliser sur des événements « tragiques » qui font malheureusement parfois partie d’un PVT. Oui certains se blessent gravement en PVT, d’autres ont des proches qui tombent malade, voire décèdent. Ce sont des moments durs, j’en ai des exemples autour de moi. D’autant plus que le fait d’être loin des siens rajoute une couche de culpabilité supplémentaire.

Dans cet article, je vais parler plus généralement de maux « psychologiques » que l’on peut expérimenter durant un PVT.

Parler de « santé mentale » (et ne pas avoir peur d’utiliser ces mots) me tient à cœur. Je trouve qu’alors que nous sommes au XXIème siècle, c’est un sujet encore minimisé, stigmatisé, trop secret. On n’en parle pas (ou peu) car on en a honte, et on a tendance juger les maux psychologiques bien plus durement que dans le cas de la santé « physique ».  Comme lorsqu’on dit à quelqu’un atteint de dépression « Allez, reprends-toi ! » comme si c’était une simple histoire de volonté, alors qu’on ne dirait jamais cela à quelqu’un qui a une maladie physique.

Quoi qu’il en soit, voilà quelques réflexions autour des maux mentaux traversés durant un PVT. Certaines s’appliquent sans aucun doute à la vie de tous les jours, je pense simplement que l’expérience du PVT les rend plus saillants.

Un peu de contexte : de l’art d’être paumé en PVT

En vrai, la majorité (je m’avance peut-être, mais je ne pense pas…) des PVTistes, on est des paumés. De bien beaux paumés. Des putains de paumés. Des paumés qui s’assument, plus ou moins. Tout ce que l’on sait, c’est que le chemin de vie tel qu’il a été tracé pour nous par notre parcours scolaire, la société, nos proches parfois, ne nous convenait plus. On ne nous a peut-être jamais convenu, en fait. Certains ont implosé (coucou les burn-out), d’autres ont tout lâché et fui, d’autres ont fait ça en douceur, seuls ou à deux…

Il y a du rejet de différentes choses. Du monde du travail tel qu’il est. Tiens, en voilà bien un sujet qui m’intéresse au plus haut point. J’écrirai sans doute un article dédié à cela, c’est en gestation, mais ça prend du temps. Il y a tellement à dire.

Du rejet des cases qu’on devrait cocher pour être heureux. Est-ce qu’on est utopistes ? Désabusés ? Juste des adolescents attardés ? Peut-être un peu de tout ça, et alors ? Tant mieux. Pour faire un peu de philosophie de comptoir, si tout le monde regardait dans la même direction, on manquerait de perspectives… « Vos rêves sont mes cauchemars », comme ils disent.

Je pense surtout qu’on refuse que le « game over » de nos vies soit ce qu’on en a aperçu à notre entrée dans le monde « des adultes ». Partir pour fuir ? Oui, on est sans doute beaucoup à avoir fui quelque chose. Mais est-ce que c’est grave ? (Je vous invite à regarder les notes au bas de cette page pour approfondir le sujet de la « fuite », avec deux excellents articles de PVTistes.net)

On n’a clairement pas la science infuse. On ne sait pas grand-chose. En fait, tout ce qu’on sait, c’est qu’on n’a aucune idée de ce qu’on pourrait faire en France. Alors on fuit ailleurs, et on tente des trucs. On improvise. Et parfois on l’assume, mais parfois on flippe aussi. Qu’est-ce qu’on pourra bien faire après ça ? Sans doute un autre PVT ? Est-ce que ça veut juste dire qu’on fuit à nouveau et qu’on devient des procrastinateurs professionnels du choix de vie ?

Dans l’ensemble, je pense qu’on est heureux d’avoir eu le courage de tenter le coup. D’ailleurs, « Tant mieux si la route est longue, on pourra faire un peu plus de détours », n’est-ce pas ?

Carpe Diem(oniaque)

Pour autant, même si on a la certitude qu’on a bien fait de tenter l’aventure, de se laisser porter par l’inconnu, c’est parfois plus facile à dire qu’à faire. Avoir tellement de liberté, c’est effrayant putain. On s’est tellement mis sur des rails, dans des boîtes, avec toujours l’étape d’après en tête. Et là, boum, vas-y, fais ce que tu veux. Comme je le disais dans cet article, c’est comme si tes œillères explosaient soudainement et tu entrevoies l’immensité des possibilités qui s’offrent à toi. On le sait que c’est une super chance. Mais c’est aussi un révélateur d’angoisses assez implacable. Tu sais que tu es là pour un temps limité, que tu as pris la décision de tout quitter pour être ici. Alors, quand ça ne va pas, bah parfois tu t’enfonces. Tu te culpabilises puissance 1000. T’oses pas trop te plaindre, parce que les gens vont penser que tu exagères :

« Attends, t’as de la chance d’être là-bas, tu vas pas te plaindre, c’est ton choix. ». Oui on a de la chance. Enfin, laissez-moi nuancer. On a aussi pris notre chance, on l’a créée. Parce que mine de rien, c’est quelque chose qui demande du courage. Tu t’éloignes de tes proches. Tu dis au revoir à des jobs dont la société t’a fait comprendre que c’était l’el dorado. Tu manques des mariages d’amis proches, des naissances. Des moments importants. Tu romps avec ton copain/ta copine. Quant au « C’est ton choix », ma chère maman m’a dit il y a peu une phrase qui résume parfaitement ce que je pense :

 Ce n’est pas parce que l’on choisit quelque chose que c’est facile pour autant.

Bref, je reviens à mes moutons. Le problème, c’est que tu deviens ton propre tyran de l’injonction au bonheur. Tu te dis « Putain, je suis plus heureuse là, qu’est-ce qui se passe ? J’ai tout lâché pour être ici et je me retrouve dans cet état à nouveau ? Pourquoi ? Pourquoi les autres y arrivent et pas moi ? » Mais il faut accepter que ce n’est pas parce que tu vis dans un endroit qui apparait comme idyllique à certains que tout va forcément pour le mieux tout le temps. D’où la photo qui illustre cet article : tu peux parfois avoir le sentiment de te noyer dans un bien joli champ de fleurs… (Un sujet très bien décortiqué par cet article de National Geographic, sur les problèmes de santé mentale dans les stations de ski.)

Tu te dis que tu pourrais être ailleurs, prendre ce chemin ou bien celui-là. Tu vois ce que les autres PVTistes font autour de toi. Tu te demandes si tu tires vraiment le meilleur de ton expérience. Tu te compares, et tu doutes. « Punaise, je devrais sûrement faire ça en fait… » Tu oublies de voir ce qui est devant tes yeux.

Le fameux Carpe Diem hein… Avec lequel on a finalement tous du mal. Allez, nouvelle couche de culpabilité en te disant que t’es incapable de profiter de l’instant présent. Bah oui, parfois ça va pas, on n’y arrive pas, on n’est pas dedans. Il faut l’admettre, et essayer de ne pas rajouter cette surcouche toxique de culpabilité. J’y travaille, j’y travaille..

« Le seul, le vrai l’unique voyage, c’est de changer de regard… »

Encore une fois, cela ne veut pas dire que je ne suis pas heureuse d’être partie, d’être là, à l’autre bout du monde. Pas du tout, je sais que c’était la bonne décision. Je ne me vois absolument pas en France à l’heure actuelle. Je n’arrive même pas à envisager ce que je pourrais bien y faire. Pour être honnête, de mon départ le 10 juin 2018, à décembre 2018, j’étais sur un petit nuage. Tout était si fluide et facile. J’étais profondément, intensément heureuse. Je me sentais libre et en phase avec qui je suis.

Depuis mon petit retour en France pour les fêtes de fin d’année, les choses ont été plus difficiles. La fatigue s’est accumulée. La routine est revenue, même à l’autre bout du monde, même dans un milieu pro tout à fait nouveau pour moi. J’ai parfois eu tendance à oublier ce qui fait la spécificité de l’endroit où je vis. Je suis allée moins skier, j’ai moins admiré la nature qui m’entoure. Je crois dur comme fer au lien entre santé mentale et physique, et ça n’a pas manqué. J’ai été malade à répétition depuis quelques mois. Rien de bien vilain hein mais bon, une bonne vieille infection ORL carabinée ne fait jamais plaisir à personne. Puis une vilaine chute sur la tête. Je pense bien avoir fait une petite commotion cérébrale, et je ne me suis pas rendu compte sur le coup que cela a pu affecter la manière dont je me sentais. (Les bons coups de déprime faisant partie des symptômes post-commotion, je le saurai désormais…)

Globalement, une fois que tu as appuyé sur l’interrupteur du négatif, tu transformes la façon dont tu vois les choses autour de toi. Tu t’enfonces dedans. Ce qui me prouve encore une fois que ton état d’esprit, ta sérénité ou non-sérénité influence grandement ce que tu vois.. Bref, c’était pas toujours l’éclate ces derniers mois. Bien sûr, si je mets les choses à plat, j’ai passé de bons moments. Mais mon esprit s’est pas mal focalisé sur le noir. J’ai pleuré, j’ai douté, je me suis retrouvée dans des « endroits mentaux » que je n’avais pas franchement envie de visiter à nouveau. 

Bref, pour résumer, tu te mets la pression en te disant que t’es censé être heureux, et que si tu l’es pas ici, malgré tout ce qui t’entoure, c’est que tu as un souci.

Mais qu’on le veuille ou non, les coups de mou au moral font partie intégrante de l’expérience. Ils t’apprennent beaucoup. Bien sûr, à première vue, j’aurais préféré être sur un petit nuage rose bonbon comme durant mes premiers mois au Canada. Mais les moments plus compliqués m’ont aussi bousculée, m’ont poussée à avoir des conversations avec certaines personnes qui ont été très puissantes et importantes. Comme le dit bien Julie, cofondatrice du site PVTistes.net, nous cherchons « des expériences, bonnes ou mauvaises, ayant pour point commun de m’apprendre ce que je crois connaître du fond de ma petite vie tranquille, de me forger, peut-être même de me changer.  »

Et je n’ai pas de remède magique aux questionnements. J’essaye juste de me rappeler qu’on vient tous avec des objectifs différents, des passés différents, et que ça ne sert à rien de comparer les expériences. Par exemple, dans mon cas, je n’avais jamais travaillé dans la restauration. Parfois, quand je commence à m’en vouloir de m’être installée « trop longtemps » à Whistler, j’essaye de me rappeler que ça m’a permis de développer des aptitudes que je n’avais jusqu’alors pas ou peu utilisées. Alors qu’une autre personne ayant déjà bossé dans ce milieu aurait cherché quelque chose de tout à fait différent à travers son PVT. Et puis, j’essaye de me souvenir de ce que m’avait dit Ushuaianne lors de notre rencontre à Paris : « Règle n°2 du PVT : ne pas se comparer aux autres… » Ce qui m’amène à un sujet photogénique… :

#NoFilter, ou la création d’une course toxique au bonheur apparent

Les afficionados d’Instagram ne seront pas surpris par ce titre. Pour les autres : « No Filter » est un hashtag utilisé pour signifier que la photo en question n’a pas été modifiée, qu’on ne lui a pas appliqué de « filtres », ces réglages automatiques qui permettent d’améliorer les photos. Depuis que je suis en PVT, j’ai recommencé à me poser pas mal de question à propos de mon usage des média sociaux.

Bon, ce n’est nouveau pour personne, hein : oui, Instagram est un lieu où on partage de belles photos, ça c’est chouette, mais c’est aussi un lieu de mise en scène de vies. Surtout avec les stories, ces clichés/vidéos éphémères, qui disparaissent au bout de 24 h et permettent de « documenter » son quotidien. C’est addictif. C’est conçu pour l’être. Je suis loin d’être la personne parmi mes proches qui passe le plus de temps sur mon téléphone, et pourtant je trouve déjà que j’en passe bien trop. Je reviens à Instagram (ou autres), encore et encore, alors que je sais que ça ne me fait pas forcément du bien psychologiquement.

C’est vrai, je pourrais simplement me dire, tiens, je vais voir de jolies photos, avoir des nouvelles des amis, trouver des inspirations pour mes prochains voyages ou mes prochains restaus. Il y a de ça, certes, j’en tire parfois du positif. Mais, allez, regardons-nous dans le miroir plus de deux secondes, combien sommes-nous à :

  1. aller machinalement sur Instagram, affalé sur notre lit parce qu’on avait envie de passer une après-midi tranquilou bilou
  2. voir les stories des autres en train de faire ceci ou cela
  3. finir en mode bonne petite déprime parce qu’on se dit qu’on est un petit loser à être chez soi en train de rien faire / se dire que ce qu’ils font est mieux que nous ?

N’oublions pas la mise en scène. Tu sais pertinemment que certains ne sont pas très satisfaits de leur PVT (voire en chie carrément par moment), et quand tu regardes leurs stories Instagram, c’est le rêve au quotidien. Alors imagine les gens dont la vie tout entière tourne autour d’Instagram, les fameux influenceurs. Honnêtement, je ne sais pas comment ils font ! 😮

Oui, moi-même, je publie de temps en temps sur Instagram. Ca m’arrive de poster des stories, mais je ne le fais pas trop souvent. Parce qu’au fond, je crois que ça me dérange. Pourquoi est-ce que je poste ? Qu’est-ce que je cherche à prouver ? Que j’ai une vie ? Que mon PVT est le plus cool ? En vrai, les meilleurs moments, tu te marres tellement et tu vis tellement dans le présent que tu as pas besoin de les partager sur Instagram, non ? J’en sais rien. Tout est question d’équilibre j’imagine. Je ne suis pas irréprochable à ce sujet mais en tous cas, je me questionne.

Certes, ces réflexions sur Instagram and co ne sont pas spécifiques au PVT, mais l’impact psychologique néfaste des réseaux sociaux est d’après moi encore plus renforcé. Et cela, en raison de la temporalité (tu sais que tu n’es ici que pour un temps limité), et parce que tu as tout à fait conscience qu’il y a tant de choses à explorer et tant de liberté. Ce cocktail crée une pression de la « performance » en PVT, une pression que tu te mets toi-même, et qui remplit ce vase de comparaison toxique, dont on se passerait bien. Je pense même qu’on en vient parfois à se mettre des choses en tête qui ne sont pas nos propres envies : on regrette de ne pas avoir fait tel ou tel truc, alors qu’au fond, est-ce qu’on avait vraiment envie de le faire ? Encore une fois, rappelons-nous que nous venons tous chercher quelque chose de tout à fait différent en PVT. Et c’est justement la rencontre de ces personnalités farfelues et diverses qui fait aussi la beauté de l’expérience.

Tisser dans le vide ?  

Car oui, en PVT, tu crées des liens. Forts. T’es avec des gens qui partagent cette « flamme ». Qui eux aussi ont fui, tout lâché, envoyé bouler, questionné, qui sont tout aussi paumés que toi. Ca crée une belle alchimie. Tu te retrouves joyeusement entre paumés quoi. Sauf que bon, c’est sûr, c’est les règles du PVT, d’autant plus quand tu es dans un endroit avec des boulots saisonniers :  à peine les amis faits qu’il faut les laisser partir. C’est une bonne école de la vie le PVT. Apprendre le non-attachement. Non pas dans le sens de ne pas laisser les gens rentrer dans ta vie et ton cœur, mais ne pas s’y accrocher désespérément car cela n’a pas de sens. Les cartes ne seront jamais plus les mêmes, l’alignement des planètes est unique à cet instant T : cet endroit, ces gens qui viennent des quatre coins du monde, ce moment partagé. C’est maintenant, et ça ne sera plus après. Apprendre, parfois dans la souffrance, à se dire que c’est bien comme ça…

Je sais que je vais bientôt partir de Whistler. Je sens que je dois partir, parce que ma petite voix interne le sait pertinemment. J’ai envie de nouvelles aventures. Mais ce n’est pas parce que je le sais que c’est facile à accepter. Mon moi interne le sait, mais mon « moi » du présent se bat avec cette idée. Ca m’est parfois très douloureux parce que je pense à tous ces gens avec qui je suis ici, au type de vie que j’ai eu ici, à tout ce à quoi je vais dire au revoir, pour replonger à nouveau dans l’inconnu.

J’ai beaucoup aimé ces quelques mots que m’a envoyé Tiphaine, une PVTiste que j’avais rencontré avant mon départ :

 On se dit que les autres non plus ne restent finalement jamais bien longtemps. Certains repartent quand on arrive, certains arrivent quand on repart. C’est une valse de visages et d’expériences, et une montagne russe d’émotions. Et des fois une petite bataille avec soi-même.

De l’importance de parler de ce que l’on ressent, ou « Éloge de la vulnérabilité » 🙂

Pourquoi ai-je décidé d’écrire cet article et de m’ouvrir à propos des difficultés que j’ai traversées/traverse encore ?  Lorsque j’ai commencé à faire part de mes doutes et de mes tourments à certaines personnes ici, j’ai compris à quel point il était bénéfique et sain de faire tomber les masques. Certains avaient l’air tellement épanouis ici, tellement branchés à 120 volts, que je me demandais si j’avais un souci, si c’était moi qui n’arrivais plus à être heureuse parmi des gens heureux. Et en fait, quand tu oses parler, quand tu t’exposes, tu comprends que tout le monde en chie à un moment, d’une manière ou d’une autre. Si on s’ouvrait un peu plus, qu’on enlevait nos masques avec un peu moins d’appréhension, de crainte du jugement, on se sentirait peut-être tous un peu mieux.

L’idée n’est pas de se dire « Bon bah tout le monde va mal alors je me sens mieux » ou de se réjouir du malheur des autres, pas du tout. L’idée, c’est de savoir qu’il est tout à fait normal et humain d’avoir des moments difficiles, peu importe ce que les circonstances extérieures semblent être. Qu’en en parlant plus ouvertement, on peut s’entraider, se rassurer. On n’a pas à stigmatiser les souffrances mentales. J’aime bien l’expression anglaise « It’s okay not to be okay«  (qu’on pourrait grosso modo traduire par “Il n’y a pas de mal à aller mal »). On est tous dans le même bateau, alors autant ramer ensemble, non ? Je pense qu’on a eu trop tendance à valoriser le fait d’être irréprochable et heureux en permanence, alors qu’il n’y a aucune honte à dire qu’on ne va pas bien et qu’on ne sait pas où on en est. Les moments négatifs font partie de la vie, et ça ne sert à rien de les cacher. Ca ne fait pas de nous un chouineur et un relou.

On a tous l’impression que les autres gèrent mieux que nous. Que c’est facile pour eux de profiter du moment présent, de ne pas se poser de question. Mais ce n’est pas vrai. Quand on commence à parler, on se rend compte du nombre de personnes qui souffrent d’anxiétés. On s’ouvre, en retour, les autres osent s’ouvrir. Il y a un effet miroir. Un peu d’authenticité ne fait de mal à personne.

Je terminerai cette réflexion avec une citation d’un article intitulé « Why I’ve stopped hiding my struggles » (« Pourquoi j’ai cessé de cacher mes difficultés ») :

 When we share our struggles with those around us, we give them permission to voice theirs, if they wish to share. We may never know just how life-changing that permission may be to someone. They may feel alone, overwhelmed, or even at the end of their rope, and we could change it all by giving them an opportunity to receive our understanding and support….Showing we’re struggling gives others permission to show they’re struggling too.

Traduction : « Lorsque nous partageons nos difficultés avec les personnes qui nous entourent, nous leur donnons, à leur tour, la permission de partager leurs difficultés, si elles le souhaitent. Nous ne pouvons imaginer à quel point cette permission peut changer la vie de quelqu’un. Une personne se sent peut-être seule, abattue, au bout du rouleau, et nous pourrions changer cette situation en lui donnant l’opportunité de recevoir notre compréhension et notre soutien.(…) Montrer que nous faisons face à des difficultés donne aux autres la possibilité de le montrer à leur tour. »

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Quelques ressources, pour aller plus loin :

  • « Je fuis … » : Texte écrit, il y a de cela 12 ans par la co-fondatrice du site PVTistes.net, mais qui n’a pas pris une ride… Touchera droit au coeur plus d’un PVTiste 😉 . Un résumé très juste de l’équilibre fragile entre la stabilité et l’instabilité que nous recherchons.
  • « Partir pour fuir, et alors ? » : là aussi, certaines phrases de cet article ont touché dans le mille pour moi. Oui, « fuir » ses problèmes à l’étranger ne les fait pas disparaître en soi, mais l’intérêt est ailleurs…
  • « Here’s Why Ski Towns Are Seeing More Suicides » : Article sur les facteurs qui accentuent les problèmes de santé mentale et de dépression dans les stations de ski
  •  « The Invisible Effects of Social Media: When it’s time to stop scrolling » : de l’impact des média sociaux sur notre confiance en nous, et comment s’en protéger
  • « Le pouvoir de la vulnérabilité«  : un Ted Talk de la chercheuse en sciences humaines et sociales Brené Brow. Je ne peux que vous encourager à regarder cette vidéo dans laquelle elle explique le rôle centrale de l’acceptation de la vulnérabilité dans nos vies
  • « Why I’ve Stopped Hiding My Struggles » : article que je cite un peu plus haut, qui explique très bien pourquoi ne pas cacher ses propres difficultés est une libération non seulement pour soi, mais aussi pour les autres qui nous entourent… 🙂

Et pour conclure, pour rassurer ceux qui pourrait s’inquiéter pour moi suite à cet article : je vais bien ! Et j’arrive à nouveau à ouvrir les yeux sur la beauté qui m’entoure 🙂 De toute façon, si vous avez bien lu mon article et compris le message, il faudrait plutôt vous inquiéter si je ne parlais pas de mes moments difficiles ! 😉

Crédits photo : Daniel Jensen sur Unsplash

One Reply to “Des mots sur les maux du PVT”

  1. Philippe Sprauer dit : Répondre

    Très bel article Elise, tu ouvres ton coeur et parle avec courage d’un sujet important et souvent difficile à aborder.
    Tout cela permettra aux autres PVTistes d’avancer dans les moments difficiles.
    Félicitations.
    A très bientôt à Vancouver.

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