Pourquoi et comment je me suis installée à Whistler

S'installer à Whistler en PVT

Je vous parlais récemment des doutes traversés quant au fait de m’installer quelque part pour mon PVT. Aujourd’hui, je vous en dis plus sur le pourquoi, et le comment de mon installation à Whistler, station de ski renommée l’hiver, et paradis du vélo de descente l’été.

Le pourquoi, parce que je trouve qu’il est intéressant de partager les raisons qui ont fait que j’ai choisi cet environnement là plutôt que Vancouver.

Le comment, parce que… franchement, je trouve que ça vaut le coup de vous faire part de ça haha, même si de prime abord cela ne semble pas passionnant x)

Pourquoi ?

J’avais partagé avec vous un récit de mon court séjour à Whistler, au début du mois d’août. J’y avais passé 4 superbes jours : sous le soleil, dans la chaleur estivale, entre baignades dans de beaux lacs, vues panoramiques, et découverte d’une ambiance que je n’imaginais absolument pas.

Whistler Podium Olympique
Ma première visite à Whistler en août, l’occasion de m’adonner aux pires poses en photo…

Mi-août, alors que je me trouvais dans la vallée de l’Okanagan, je réfléchissais régulièrement à quelle direction donner à la suite de mon PVT. Et j’hésitais. Encore et encore. Cela m’a poussée à m’envoyer un mail à moi-même dans le futur, pour faire part à la future moi de mes doutes du moment et voir l’évolution de mon état d’esprit en quelques mois. Les pensées se bousculaient : « Alors, est-ce que tu tentes Whistler ? Ou tu cherches plutôt à t’installer Vancouver ? Il faut dire qu’il y a des cafés sympas pour lesquels tu aimerais bien bosser et dont tu as pris les contacts à Vancouver… pfffiou… Je ne sais pas. » Et en même temps, cette petite voix lancinante se faisait entendre régulièrement : « Elise, tu veux vraiment changer de vie, tu ne veux pas un copier-coller de ta vie parisienne ; tu es ici pour essayer de nouvelles choses. »

J’avais notamment eu une discussion avec Corentin, mon comparse de road-trip, qui m’avait fait beaucoup réfléchir. Je nous revois encore, redescendant vers Whistler Creekside en une belle fin de journée estivale. Je lui faisais part de mon coup de cœur pour Whistler mais aussi de mes hésitations. J’avais beaucoup aimé le temps passé à Vancouver mais je n’avais pas eu de coup de foudre pour autant… Je ne me souviens plus des mots exacts prononcés par Corentin à ce moment-là, mais ils m’ont fait prendre conscience d’une chose importante : en France, je ne me serais pas « autorisée » à envisager une vie dans une station de ski. Parce que ce n’est pas « ma vie » là-bas. J’habite à Paris, je bosse dans des bureaux… Alors qu’ici, la porte était ouverte dans mon esprit. Bref, quelques semaines plus tard, alors que j’étais dans l’Okanagan, la décision fut prise : je tente le coup à Whistler !

 

Whistler, Saison 1, Episode 2 : La vie en rose ?

Je suis retournée à Whistler à la fin du mois d’août et ai logé dans de très bonnes conditions pour mes deux premières semaines. Et cela, une fois n’est pas coutume, grâce au hasard. Vous vous rappelez que je suis revenue de Whistler en covoiturage avec un Australien ? Eh bien, il se trouve qu’au détour de nos conversations, j’avais appris que ce jeune homme sous-louait sa chambre, hyper bien située, pour les deux premières semaines de septembre. Timing parfait. Je lui ai donc confirmé mon intérêt lorsque j’étais encore dans l’Okanagan (après avoir hésité à envoyer le SMS en question pendant plusieurs heures), et j’ai débarqué le jeudi 30 août dans une grande maison avec 4 inconnus. Je ne le savais pas lorsque j’ai accepté cette sous-location, mais cela était vraiment parfait : une chambre de taille tout à fait correcte, une maison bien équipée, des colocs sympas et internationaux (2 australiennes, un anglais, une américaine), et surtout un quartier ultra prisé, à 15 minutes à pied à peine du village. Bonne pioche ! Si je me suis sentie un peu seule et perdue par moment, comme j’en parlais dans cet article, j’ai heureusement été bien accueillie. L’une des colocataires australiennes m’a emmenée à son cours de yoga, m’a montré le spa où elle travaille,  et m’a proposé pas mal d’activités. Nous avons passé des moments très sympas ensemble, comme ce soir où elle jouait du ukulélé : nous avons chanté « La vie en rose » d’Edith Piaf, elle en anglais, moi en français 😊 Un moment simple mais un peu magique, suspendu. Que ce soit en papotant avec mes colocs, en partageant un coin de canapé avec eux pour regarder un film, j’ai eu la chance de ne pas me sentir complètement larguée au milieu de nulle part, à un moment où je doutais beaucoup.

Pour illustrer concrètement ces doutes : je me rappelle encore très bien de cette randonnée vers le lac Cheakamus, où j’ai eu ma mère au téléphone, et où je lui ai dit « C’est bon, ma décision est prise, je vais repartir de Whistler parce que j’ai encore envie de vadrouiller. Et je ne sais pas si je me vois vraiment ici, ça fait trop de changements d’un coup. ». Après d’innombrables tergiversations dans ma tête, et des réflexions intenses lors de petites randonnées en solitaire (oui, mes amis les arbres et les montagnes m’ont aidée à mettre de l’ordre dans mes idées), les choses ont un peu changé.

 

 

J’en suis finalement arrivée à me dire que j’allais rester, mais seulement à certaines conditions, qui, en toute honnêteté, étaient assez (très?) ambitieuses pour Whistler. Est-ce que c’était un moyen de me dire, d’une certaine manière : bon tu n’arriveras jamais à cocher toutes ces cases, donc tu vas finir par repartir à Vancouver ? Je ne sais pas. Toujours est-il que je m’étais plus ou moins consciemment mis les choses suivantes en tête :

  • Il y a un seul endroit où j’ai vraiment envie de travailler ici, et c’est cette boulangerie/café qui vend des pâtisseries alléchantes et de beaux pains, et devant laquelle les gens ont des étoiles dans les yeux tellement ils sont impressionnés par le choix de produits. Je vous laisse juger par vous-même ci-dessous
  • Je veux une chambre pour moi toute seule (un vœu pieu à Whistler, j’y reviens juste après)
  • Je dois pouvoir rentrer en France à Noël sans perdre mon job derrière (sachant que Noël est la période « ultra busy » ici…)

 

Whistler : le marché du logement parisien, version montagnarde…

Oui oui, j’ai eu le culot de me dire que je voulais une chambre privée, le tout à une distance raisonnable du lieu de travail. Cela peut sembler absolument évident pour vous, mais il faut savoir qu’à Whistler, le logement… c’est la crise totale ! Et je pèse mes mots. Chaque semaine, dans le magasine local, les articles et édito à propos de la crise des logements sont légions. A chaque fois qu’on dit à quelqu’un qu’on veut s’installer à Whistler, on a droit à la sempiternelle rengaine « Trouver un job ça va, mais trouver un logement… Impossible ou presque ». Et c’est vrai que le marché de l’offre et de la demande n’a pas grand-chose à envier à Paris… (au moins, j’étais entraînée me direz-vous…). Beaucoup, beaucoup de jeunes gens (notamment Australiens) à la recherche d’un endroit où dormir, et très très peu de places… Eh oui, de beaux chalets vacants durant d’innombrables semaines dans l’année, il y en a pléthore ici, mais des endroits susceptibles d’accueillir le jeune staff des commerces du village… beaucoup moins. Il faut donc garder un œil constant sur Craiglist (le Bon Coin local) et sur les groupes Facebook dédiés au logement à Whistler (sobrement intitulés « Whistler Housing Crisis », c’est à dire « Crise du Logement à Whistler »). Autre solution : trouver un boulot qui propose un logement pour les employés.

Qui veut un lit superposé à 700 euros par mois ?

Pour vous donner une idée plus concrète, sachez qu’à Whistler, il est plus que commun de partager une chambre (avec au moins une personne, si ce n’est pas quatre). On voit ainsi régulièrement des annonces passer, avec un loyer de 750$ par mois (parfois moins, mais parfois bien plus !!!) pour un lit superposé. Oui oui, pour une chambre que vous partagez, vous avez bien lu. On marche sur la tête, n’est-ce pas ? Sans compter les innombrables posts Facebook dénonçant des propriétaires peu scrupuleux, refusant de rendre les cautions, ou entassant un nombre pas très légal d’occupants dans certaines maisons… Du coup, certains finissent par vivre dans des vans, malgré les températures peu clémentes. On entend même de sacrées rumeurs ici, qui, à mon avis, sont plutôt fondées. Ainsi, j’ai entendu parler d’une fille qui aurait passé l’hiver sous tente, avec un chauffage à l’intérieur. On m’a aussi parlé de quelqu’un qui cherchait à partager non pas une chambre mais un lit double… Enfin, certains dorment dans des pièces qui sont normalement censées être des saunas ou des sortes de placards… Enfin bref. Toujours est-il que, ayant appris à me connaître et à m’écouter ces dernières années, je savais qu’il n’était pas envisageable pour moi de partager une chambre. La coloc à 4, 8, 10, je suis partante, tant que j’ai ma chambre. Chacun a ses propres limites. Personnellement, je ne peux pas être efficace et motivée au travail si je n’ai pas eu mon temps dans ma bulle personnelle pour recharger mes batteries.

 

Whistler Housing Crisiss
La recherche d’appartement en 2018 :
« Oh, wow, des fenêtres. Je ne pense pas que je peux me le permettre »

De la subjectivité du mot « chambre »

J’ai visité une première chambre dans les quelques minutes suivant mon arrivée à Whistler, le 30 août. Je l’avais trouvée via Craigslist, la maison semblait hyper bien placée et en plus, les occupants étaient tous végétariens, ce qui me faisait un point en commun pouvant potentiellement m’aider à me démarquer des autres « candidats ». La locataire principale était accueillante et souriante, mais malheureusement, nous n’avions visiblement pas les mêmes critères de définition d’une « chambre ». Lorsque j’ai vu l’entrée de la chambre, qui n’était pas une porte de taille normale mais plutôt de l’ordre de la « trappe », j’ai commencé à comprendre. Effectivement, il s’agissait en fait d’un « storage » comme ils disent ici (un endroit de stockage)… Grand certes, mais sans aucune ouverture laissant rentrer la lumière du jour, et avec une hauteur sous plafond ne permettant clairement pas d’être debout…  J’avais juste l’impression d’être dans un cercueil géant. Le tout pour… 950$. Outch. Bon, je passe mon tour, je ne tiens pas à devenir ruinée ET claustrophobe.

Ensuite plutôt que de rester passive à attendre que les annonces arrivent, j’ai décidé de poster sur le groupe Facebook de logements une petite description de moi, de mon parcours, avec quelques photos, en espérant que certains propriétaires se disent « Bon elle a l’air gentille et correcte, je peux peut-être lui proposer quelque chose. » Honnêtement, je n’y croyais pas trop, je me disais : tant de gens cherchent, je ne vois pas pourquoi un propriétaire s’embêterait à me contacter. Mais si j’ai un conseil à donner à ceux qui cherchent à Whistler, tentez le coup ! Même si au final je n’ai pas trouvé par ce biais, j’ai quand même eu une visite correcte grâce à cela, et une autre prise de contact. Comme quoi, il faut tenter et ne pas hésiter à raconter un peu son histoire pour sortir du lot ! 😊 (Par contre, ne débarquez pas ici en Octobre/Novembre car il y a déjà BEAUCOUP trop de monde en recherche de logements, c’est la guerre…)

La cerise sur le gâteau

Au final, comment ai-je pu faire mon petit nid douillet hivernal à Whistler ? Eh bien, j’ai eu beaucoup de chance encore une fois. La boulangerie dont je vous parlais plus haut m’a rappelée pour faire un essai qui s’est visiblement bien passé puisqu’on m’a proposé un job à plein temps le lendemain. 🙂 Et cerise sur les nombreux gâteaux vendus par cette boutique: mon employeur avait une staff accomodation (logement pour employés) à me proposer !  Dans un premier temps, on m’a parlé un logement disponible immédiatement, mais il s’agissait d’une chambre partagée avec 3 autres filles. Je savais que cela ne correspondrait pas à mon mode de vie. Mais on m’a aussi évoqué une chambre privée, disponible un mois plus tard… Ni une ni deux, je demande à la visiter. Et là, la (très) bonne surprise…  Une chouette maison, avec une graaaande pièce de vie et cuisine ouverte, 2 salles de bain, une chambre privée petite mais cozy comme je les aime (avec UNE FENÊTRE, OUI VOUS NE RÊVEZ PAS), un beau balcon et pour couronner le tout… un sauna !!!? (Alors ça, je n’y avais même pas pensé ahaha). Dans la colocation, 3 garçons (2 Australiens et un Canadien) qui ne sont autres que les boulangers héhé. Ah oui, je dois aussi préciser que le tout, pour un prix moins élevé que ce que certains payent pour une chambre partagée… Du coup, je saute sur l’occasion, même si cela veut dire que je dois trouver un logement temporaire entre la fin de ma sous-location et l’emménagement dans mon chez-moi que j’aime déjà !

 

Ceci n’est pas une blague belge

Et devinez qui arrive une fois de plus au grand galop ? Dans le mille : le hasard qui fait bien les choses. Un soir, j’avais retrouvé grâce à Facebook plusieurs français et un belge qui vivaient/tentaient de s’installer sur Whistler. Nous avons dîné ensemble et passé une soirée très sympa. Le belge, Guillaume, a évoqué le fait qu’il allait rentrer en Europe pour quelque semaines, et qu’il pouvait sous-louer sa chambre. L’info n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde. Ni une ni deux, dès que j’en ai su plus sur ma future maison, je le contacte. Et bim, c’est bon, il est bien prêt à me sous-louer sa chambre à partir du 20 septembre… Pffiou, encore une chose de réglée ! J’ai donc passé 3 semaines très sympa avec sa colocataire taïwanaise, qui m’a même fait un bento de compétition une fois pour le travail… 🙂 La baraka je vous dis !

Pour résumer

J’ai emménagé dans ma colocation le 8 octobre dernier. Et qu’est-ce que je l’aime ! Franchement, ça fait un peu « la vie est rose et je vis chez les bisounours », mais c’est mieux que ce que j’avais imaginé !! 🙂 J’adore ma chambre, mes colocs, et l’endroit où je vis. Je ne suis pas à proximité immédiate du village, je prends le bus pour aller travailler mais ce n’est pas vraiment contraignant. D’autant plus qu’il y a des commerces à 3 minutes à pied.

J’en dirai sans doute un peu plus sur mon travail dans un article dédié, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que je fais le grand écart avec ma vie professionnelle passée. Me voilà donc employée d’une boulangerie : j’y ai commencé en tant que vendeuse, et je suis désormais majoritairement en cuisine, où je cuis des scones, farcis des brioches, mixe farine, cacao et sucre, sans oublier un peu de plonge (eh oui, ça fait partie du jeu!). Le tout dans une ambiance plutôt bien sympa, même si ça carbure niveau rythme par moment 🙂

Allez, pour finir, quelques photos de Whistler, histoire de vous montrer aussi en images la réponse à « Pourquoi Whistler ? » 😉 :

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Voilà pour ce compte-rendu de mon installation Whistlerite ! J’espère ne pas trop m’être perdue dans les détails inutiles, mais j’avais à cœur de vous partager plus précisément ce qui s’était passé. Parfois, la fluidité des événements semble vous montrer que vous avez fait le bon choix 😉

Si vous avez des questions à propos de l’installation à Whistler ou de la vie là-bas, n’hésitez pas à les indiquer en commentaire.

2 Replies to “Pourquoi et comment je me suis installée à Whistler”

  1. Incroyable l’enchainement de bons hasards, tu as une bonne étoile quelque part! Ou peut être que tu as juste pris le bon chemin 🙂

    1. Oui, j’en suis encore souvent surprise moi même ! Et effectivement j’ai envie de croire que finalement, c’est une question d’avoir choisi le bon chemin et d’être à ma juste place 🙂 Ca fait du bien de pouvoir penser ça !

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